Les ailes d'Ilyzaelle

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 [Dossier Cyplane]

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Cyplane
Créature celeste
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Messages : 24
Date d'inscription : 01/01/2012

Fiche de renseignements
Parti politique : Silvosse
Ordre: Œil Attentif.
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MessageSujet: [Dossier Cyplane]   Mer 18 Jan 2012 - 18:15

An 1.

Jour classique dans un petit village perdu dans les Plaines de Cania. Mais pas pour la famille Ether. Aujourd’hui est née Cyplane, première du nom.

10 ans plus tard.

Au village, la majorité des habitants pratiquait l’artisanat. Seules quelques personnes travaillaient dans une équipe de recherche, afin d’essayer de reconstituer les arbres généalogiques –entre autres-, depuis qu’un calendrier générique avait été instauré par Xelor lui-même. Les infos leur avaient été transmises par un individu ayant pris une forme semblable à la leur, vêtu d’une capuche et d’un manteau rapiécés. Il disait être chargé par les dieux de leur transmettre le nouveau calendrier, étant lui-même dieu mineur. Les villageois avaient d’abord eu du mal, puis s’étaient habitués. Nash, le père de Cyplane, faisait partie du groupe de chercheurs, et était intégré à une équipe constituée de Xelor, étant lui-même un de ces derniers ; car qui d’autre qu’un Xelor pouvait élucider au mieux les mystères du temps ? Arielle, quant à elle, était la mère de Cyplane. Etant une Sadida invétérée, elle passait la majorité de son temps à dormir, ainsi qu’à confectionner des poupées. Maître herboriste, elle dirigeait un magasin de plantes médicinales et décoratives, et sa fille l’aidait parfois dans sa tâche, apprenant par la même occasion les propriétés de certaines plantes. Nash avait réussi à estimer à quelques heures près la date de naissance de Cyplane par rapport au nouveau calendrier. Le 9 Maisial 1. 10 ans que Cyplane était arrivée dans le monde des 10, et elle s’avérait être précoce, de par sa lucidité, mais aussi son flegme.

9 Juinssidor 11.

Cyplane revient de l’école. Sur le chemin, elle croise leur voisin Enutrof, doyen du village, avec ses 249 ans, et le salua avec respect. Arrivée à hauteur de la maison, elle poussa la porte, qui s’ouvrit sans bruit, parfaitement huilée. Elle s’arrête, interdite. Une porte est entrouverte. Mais pas n’importe quelle porte. Cyplane n’a pas le droit d’entrer dans cette pièce. Seuls de rares privilégiés pouvaient y entrer, tous Xelors. C'est pourquoi elle était en permanence scellée par des verrous, avec raison, disait souvent Nash, car il était très dangereux d’y entrer. Cyplane décide de vaquer à ses occupations, et de tenter d’oublier la porte. Oublier. Oublier la porte. Cela s’avère impossible ; cette maudite pièce lui occupe l’esprit. Rongée par la curiosité, Cyplane s’avance ; avec appréhension, le cœur battant, et s’immobilise au niveau de la porte criblée de verrous. Elle pèse de toutes ses forces dessus, et parvient à la décaler assez pour se faufiler à l’intérieur. Tout de suite, l’atmosphère se fait pesante. Des centaines d’horloges et pendules en tout genre recouvrent les murs, créant un tic-tac permanent, véritable capharnaüm. Cyplane se sent légère. Elle contemple ses mains, devenues translucides. Tout à coup, jeune Xelor qu’elle est, Cyplane prend conscience du danger dans toute sa mesure. Elle va disparaître, absorbée par le temps. Elle réapparaîtra dans le passé, le futur, le présent, l’espace de quelques secondes, quoiqu’un indice de temps serait fortuit, le temps ne se compte plus, il se dilate, puis se contracte, il n’a plus aucun sens logique. Elle disparaîtra à nouveau, dans un lieu et une époque différente, jusqu’à mourir, perdue dans l’espace, manquant d’oxygène, son corps s’effritant par l’usure de la matière. Cyplane veut sortir. Son corps avance lentement, le temps fait déjà son effet, bientôt, l’existence de la jeune Xelor va s’effondrer.

Nash rentre du laboratoire, sifflotant dans la rue pavée. Lorsqu’il ouvre la porte de la maison, il sent immédiatement un flux temporel anormal. Son sang ne fait qu’un tour, cela ne peut provenir que d’un seul endroit. Il se précipite vers la « Pièce Interdite », où seules de rares personnes, dont lui, pouvaient accéder sans dommages. La porte est entre-ouverte. Assez pour laisser passer un petit être. Un Xelor. Ou un enfant. Réalisant le danger qu’encourait sa fille si elle était entrée, Nash se faufile à l’intérieur, transpirant à grosses gouttes. Là, au milieu de la pièce, se tient Cyplane. Ou plutôt un résidu, un fantôme d’elle-même, translucide, à peine ancré dans ce monde. Il accourt vers elle, réfléchissant à toute vitesse. Impossible de la sortir de la pièce dans cet état, elle disparaîtrait immédiatement. Impossible aussi de la laisser ici… L’issue de cette folie semblait fixée. Le tic-tac incessant empêche le maître Xelor de se concentrer, renforçant le stress présent. Cyplane commençe à disparaître entre ses doigts… Tout à coup, il entrevoit la solution. Lourde de conséquences, mais il n’a pas le temps de chercher plus loin. Une lumière blanche éclatante jaillit de ses doigts, il plaque sa paume sur l’abdomen de Cyplane, au niveau du nombril. Un flash l’éblouit, et la lumière s’évapore. Haletant, épuisé et sanguinolent, Nash prend sa fille dans ses bras, et sort rapidement de la pièce, puis s’écroule à la sortie, vidé de ses forces.
Cyplane se réveille. Lourde. Epuisée. Bouger lui est très difficile. Elle se sent vide. Vide comme le néant. Elle ouvre les yeux. Elle n’a pas les idées claires, elle voit flou. Elle reconnait cependant le plafond de l’infirmerie. Elle est donc vivante. A sa droite, elle entrevoit son père. Son ventre est ensanglanté, et un amas de bandages recouvre ceux qu’il porte quotidiennement. Cyplane s’aperçoit qu’on lui parle. Les sons trouvent à peine le chemin vers ses oreilles, et leur sens lui demeure incompréhensible. Elle ne reconnait même pas cette personne. Cyplane sombre dans le vide infini du sommeil.
Nash se réveille. Lourd. Epuisé. Comme prévu. Il s’en fiche, Cyplane est vivante. Normalement. Il jette un regard autour de lui. Elle est là, sur le lit à sa gauche. Nash la contemple un moment, puis son regard converge vers les bandages ensanglantés encerclant son abdomen. Elle qui était née Xelor… Elle n’en porterait plus que le nom, désormais… Le sceau qu’il avait apposé autour de son nombril, ainsi que le sien, les rendaient insensibles au temps, celui-ci n’avait plus d’influence sur eux, et inversement. Non pas qu’ils soient devenus immortels, mais il leur était dorénavant impossible d’utiliser leurs pouvoirs de Xelor, leur Horloge Intérieure étant verrouillée. L’horloge intérieure est présente dans chaque individu. Elle régit l’impact qu’aura le temps sur la personne dont elle est la cible, battant sur un même rythme pendant toute la vie de l’individu, à partir du moment où le cordon ombilical se rattache à l’embryon. Ainsi, l’Horloge Intérieure détermine le temps de vie de chacun, elle est naturellement ralentie chez les Enutrofs et les Xelors. La salle dans laquelle était entrée Cyplane avait profondément modifié la vitesse de son Horloge, à tel point qu’en sortant de la salle, elle aurait immédiatement disparu dans le passé, même constat si elle était restée quelques secondes de plus à l’intérieur. Le sceau était donc à double tranchant, le temps ne pourrait plus agir directement sur eux, mais ils ne pourraient plus le manipuler.

3 jours plus tard.

Cyplane est assise à l’écart, près du lac. Son père lui avait tout expliqué. La signification du sceau entourant son nombril, et ses conséquences. Le fait qu’elle ne pourrait plus manipuler le temps, que ses pouvoirs de Xelor étaient réduits à néant. Qu’elle les récupérerait peut-être dans plusieurs dizaines d’années, car si son horloge se rééquilibrait, son père pourrait briser le sceau, et ainsi libérer ses pouvoirs. Elle regarda les poissons nager. L’un d’eux était doté d’une nageoire atrophiée. Il fut le premier à se faire manger lorsqu’un poisson plus gros arriva vers le banc, ses compagnons s’enfuyant lâchement. Elle était comme ce poisson, à présent. Inutile, désuète. Elle se prit la tête entre les mains. Son père la rejoint, et s’assit à ses côtés.
« Tu n’es pas triste de ne plus pouvoir rien faire ?, lui demande Cyplane.
- Mais je peux toujours faire des choses, Cyplane. La vie continue, elle va juste changer pour nous. Ton destin ne dépend que de toi, et il n’est pas fixe. Un peu de patience.
A ces mots, il laissa Cyplane seule, à méditer ses paroles.

An 17.

Cyplane dort en position inconfortable dans une petite pièce, la tête appuyée contre un livre ouvert. La flamme de la bougie placée à côté d’elle fait bouger les ombres sur les murs, les rendant comme vivantes. La cire coule le long de la bougie, si bien qu’elle brûla la joue de la jeune Xelor. Celle-ci se réveilla en sursaut. Elle en avait encore trop fait, s’endormant en travaillant. Ce qui ne l’aide pas plus, puisque sa concentration s’en retrouve amoindrie. Elle regarda son horloge. 5 : 47. Il lui restait une heure, et elle devrait ensuite partir étudier. Elle décida de la mettre à profit, en se reposant un peu, et en laissant quelques minutes ses livres de côté. Après de mûres réflexions, elle avait décidé, puisque ses capacités de Xelor n’en portaient plus maintenant que le nom, de travailler le théorique, et chercher à développer les capacités de ses congénères. Pour cela, de longues études lui étaient nécessaires, car il lui fallait tout savoir sur les Xelors avant d’envisager une seconde de chercher de nouvelles choses. Elle allait donc tous les jours dans une maison du village, avec plusieurs autres Xelors, étudier grâce à l’enseignement de Kort, un vieux Xelor dont l’âge avoisinait les 250 ans selon le nouveau calendrier. Il portait un chapeau rabougri identique à ceux que beaucoup de Xelor portent habituellement, sorte de chapeau traditionnel. Leurs cours étaient souvent théoriques, mais parfois, ils passaient à la pratique, et Cyplane les regardait partir, essayant d’oublier sa peine, et continuant à étudier, refoulant à tout prix ses sombres souvenirs. Sa vie avait peu évolué depuis ses 11 ans, seul son physique avait changé. Elle n’avait malheureusement pas beaucoup grandi, à son grand désespoir. Mais la nature ne l’avait pas maltraitée, et elle devait parfois repousser les avances de quelques aventureux, notamment celles d’un autre Xelor particulièrement virulent. Tout ceci ne lui provoquait rien, hormis peut-être une légère satisfaction personnelle. L’aventure avec un amant ne la tentait guère, elle avait mieux à faire. Il y a toujours mieux à faire que de s’amuser. Cyplane se dirigea vers son lit, et s’allongea.

46 Novamaire 22.

Sous la pluie battante, un cri gargantuesque perce l’air. Les oiseaux s’envolent. Aussitôt, le silence se fait. Puis des chuchotis, un hurlement, des pleurs. Djaul serait revenu. La rumeur court qu’il chasse du Dragon. Plus maintenant. Maintenant, il reprend ses droits, furieux.
La pluie laisse place à un froid glacial, mordant, qui recouvre instantanément le village. Les flocons tombent, et recouvrent bientôt les maisons d’une épaisse couche de neige. Brumaire n’est pas un tendre, mais Djaul est l’incarnation du mal. Sa colère s’abat sur le monde des 10.

29 Descendre 22.

Cyplane marche le long de la rue. Le froid lui brûle la peau. La neige n’avait cessé de tomber depuis que Djaul était revenu. La mort était omniprésente, il n’était pas rare de retrouver un cadavre enfoui sous la neige, jadis fier et fort. Tout cela avait attisé la haine de Cyplane envers Brakmar, et plus précisément Djaul. Il y a quelques jours, le soulagement à l’idée de voir le soleil revenir avec Solar était contagieux. Jusqu’à ce que Djaul ne le tue, prolongeant le mois de Descendre d’un mois, réduisant ainsi les espoirs à néant. Cyplane aperçu un petit groupe de personnes arrivant à l’entrée du village. Elle les reconnu, leur déesse se faisait appeler Sacrieur, déesse de l’empathie. D’abord peu nombreux, leur nombre n’avait cessé de croître ces dernières semaines. Très résistants, ils percevaient et apaisaient la douleur des autres. Leur arrivée au village est une aubaine. L’évolution du nombre d’habitants était inversement proportionnel du nombre de Sacrieur, ils n’étaient désormais plus que deux dizaines dans le village, certains ayant fui pour trouver une terre plus hospitalière, d’autres morts de froid et de faim. Le dernier Eniripsa était mort dans son sommeil la semaine passée, laissant ainsi les villageois démunis. Cyplane se dirigea vers les Sacrieur, les salua, et les invita à la suivre à travers la neige vers la Taverne, où tout le monde se retrouvait pour se tenir au chaud. Cyplane ouvrit la porte et laissa entrer les nouveaux venus, une ovation les accueillit, et quelques secondes plus tard, tout le monde était regroupé autour des Sacrieur, qui commençaient déjà à répandre le bien autour d’eux.

9 Maisial 25.

Le chef de l’Ordre du Cœur Vaillant se tenait fier et droit, face à Cyplane. Cette dernière tentait de masquer son appréhension, sans réel succès. Elle avait décidé de s’engager dans la milice en parallèle de ses études, afin de commencer à gagner de l’argent, et surtout, servir une cause qui lui semblait juste.
« Bien. Je vois donc que tu as voué ton culte à Xelor, quel est ton but en venant ici ?
- J’aimerai anéantir ce fléau qu’est Brakmar. L’Hiver 22 m’a donné raison, ils doivent mourir.
- Je vois… Radicaliste, donc. Et à quel poste penses-tu être la meilleure ?
- Messagère. Je ne puis utiliser mes pouvoirs Xelor pour une raison que je garderais secrète, mais en contrepartie, mes sens se sont affutés, et je ne perds que rarement mon calme.
Le chef détailla sa fine silhouette, ses yeux bleu-gris de la même couleur que ses vêtements, et trouva enfin la lueur qu’il cherchait dans son regard.
- Eh bien c’est d’accord. Tu seras assignée à un bataillon, et au fur-et-à mesure que ton expérience grandira, tu monteras en Grade pour relayer des messages de plus-en-plus importants.
- Très bien ; merci beaucoup, vous n’aurez pas à regretter vôtre choix.

8 Septange 26, Cania.

L’embuscade était fin prête. Ne manquait plus que la cible.
Les soldats attendirent. Longtemps. Le temps commençait à se faire long, et la nuit tomba. L’un des soldats alluma un cigare de Kalyptus, et se prit l’instant d’après une énorme mandale de la part de son chef. Celui-ci l’injuria de tous les noms, avant de reprendre son calme.

« Essayez de patienter un peu, merde ! », murmura le chef à l’adresse de ses subordonnés.

Ils attendirent encore quelques minutes, puis un bruit de galop se fit entendre. Les soldats ramassèrent précipitamment leurs armes, et s’accroupirent, les muscles tendus.
« À mon signal », souffla le chef.

Le cavalier passa à leur hauteur.

« Allez-y ! », rugit-il.

Une corde se tendit. La Dragodinde trébucha, et chuta. Son cavalier, apeuré, bondit, et atterit en une roulade, alors qu’une horde de soldats Brâkmariens se ruait vers celui-ci. Il murmura quelque chose, et une poussière rougeoyante s’éleva. Les soldats hurlèrent de douleur, alors que leurs vêtements prenaient feu et que leur peau se couvrait de cloques.

« Attrapez-là, hurla le chef. C’est une femme, elle est faible ! Attrapez-là avant qu’elle ne s’enfuie ! »

À ces mots, la Xelor disparu.
S’en suivit une flopée de jurons de la part du meneur. Un jeune Ecaflip osa protester :

« Et vous, alors, vous restez en arrière, vous êtes un lâche ! »

Le regard du chef se mit à briller d’une lueur inquiétante.
« Ah oui ?», souffla-t-il d’une voix mauvaise.
Il s’avança d’un pas rapide vers l’Ecaflip, qui commençait à regretter d’avoir eu la langue trop pendue. Il n’eut pas le loisir de développer la réflexion beaucoup plus longtemps ; l’épée siffla, et transperça la gorge de son opposant, qui s’écroula en un gargouillement, alors que le sang jaillissait à flot de sa blessure.

« Alors, souffla-t-il en s’agenouillant près de l’Ecaflip, tu penses toujours que je suis un lâche ? »

Celui-ci répondit en un borborygme incompréhensible, tandis que le sang emplissait ses voies respiratoires.

« Quelqu’un d’autre veut vérifier si je suis un lâche ? »

Personne n’osait respirer.

« Très bien, alors on rentre. »

Epoque changeante, lieu changeant.

Chaleur. Froid intense. Vieillesse. Jeunesse. Vie. Cyplane se sent vivre, puis mourir, rajeunir, vieillir. Ses vêtements se disloquent, gèlent, brûlent. Une planète. Cyplane est sur sa Lune. Froid. Encore un instant, et Cyplane disparait. Le noir absolu, cette fois. Froid. Impossible de respirer. C’est le vide, le vide absolu. Flammes. Cyplane est intégrée à une météorite. Chaleur intense ; la vitesse va la désintégrer. Pluie. La planète est couverte d’eau, et un hurlement, toujours le même, perce les cieux. Violet. Près d’elle, une matière violette, telle un gaz. Cyplane en inhale, et sent subitement ses poumons la brûler. Bleu. Pression écrasante. Une bulle blanche s’étend autour de Cyplane. Elle se sent bien. Elle ne ressent plus de douleur aucune, ses brûlures et ses engelures se résorbent. Un imposant personnage apparaît, vêtu d’une toge, et d’une coiffe cornue. En ses mains, il tient un Sablier, qui tourne sur lui-même, ainsi qu’un marteau, marqué d’un anneau à une face. Symbole de l’infini. Cyplane refuse de croire ce qu’elle voit. Impossible qu’un Dieu ne s’adresse directement à un simple mortel… Simple mortel… Pas tant que ça, finalement. Un simple mortel ne voyage pas dans le temps, ne voit ni le passé, ni le futur, mais uniquement le présent.
L’individu s’adressa à elle, d’une voix grave, menaçante.

« Je suppose que tu sais qui je suis.

Cyplane sursauta, effrayée, et recula de quelques pas, et respira bruyamment, le cœur battant à la chamade. Le personnage soupira, et changea instantanément d’apparence, réduit à un petit bonhomme couvert de bandes pas beaucoup plus grand que Cyplane. Devant le regard incrédule de Cyplane, celui-ci se justifia :

- Ici, ce n’est pas de tout repos, sous cette apparence, je serais perpétuellement enguirlandé, ce que je ne souhaite pas. Reprenons, donc. Tu dois te demander ce que tu fais ici, ne me fais pas changer d’avis, je peux toujours changer d’avis. Regarde ton nombril.

Cyplane s’exécuta. Le sceau. Disparu. Tout à coup, Cyplane comprit. Comprit ce qui lui arrivait, à quoi tout ceci était dû. Son père… C’était la seule explication possible, il était mort. Elle senti des larmes lui monter aux yeux, qu’elle refoula pour ne pas perdre la face devant la divinité.

- Je vois que tu as compris. Je vais te renvoyer dans ton monde, j’ai rétabli ton horloge, je l’ai même légèrement retardée.

Il jeta un regard derrière lui, puis ajouta :

- Si tu le veux, tu peux… rester ici. A l’intérieur de cette bulle, bien sûr, pas plus loin. Tu as peut-être envie d’expérimenter tes nouvelles capacités, ou ne pas retourner dans ton époque… C’est ton choix.
Il passa la main sur une face de la sphère, et celle-ci devint translucide, avant de zoomer sur un point précis, qui se révéla être une planète. Cyplane pu y voir Bonta et Brakmar , les Plaines de Cania, Amakna…

- Alors, que choisis-tu ? D’ici, tu peux voir les évènements majeurs sur ta planète, et même plus. Tout répond à ton bon vouloir, dans cette bulle.
Il fit apparaître un bureau, une plume…

- Tu as même une emprise sur le temps, mais tout ça, uniquement à l’intérieur de la sphère, bien sûr.

- Je… Je crois que je vais rester ici un petit peu, répondit timidement Cyplane, qui ne savait où elle en était.

- Pour répondre à la question que tu te poses sûrement, je t’ai invitée ici, car nous n’avons pas grand-chose à faire, en ce lieu, et je n’aime pas intervenir dans les affaires du monde… J’ai bon espoir que tu me distraies lors de ton retour dans le Monde des 11.


9 Septange 26, Bonta.

Quelqu’un frappa à la porte, et l’entre-ouvrit légèrement.

« Entrez, ordonna le vieil homme installé à son bureau.
- Capitaine El Dinnen au rapport ! Le messager semble avoir été intercepté, nous avons perdu toute trace d’elle près du Zaap. Une embuscade Brâkmarienne semble être la cause la plus plausible. C’est très problématique.
- En effet.
- Que devons-nous faire ?
L'homme étant apparement le chef ferma les yeux quelques secondes.
- Monsieur ?
- Nous n’avons plus de messagers d’élite, et ils le savent. Tu iras toi-même. Tu passeras par le cimetière, ils s’y attendront moins.
- Bien, monsieur.
- L’avenir de cette guerre dépend de ta réussite, je compte sur toi.
- À vos ordres.
- Tu peux te retirer. N’avertis personne de ta mission. Cette fois, il est impensable d’échouer.

Année inconnue, lieu inconnu.

La mer montait et descendait tranquillement, tel qu’elle le faisait depuis des années, poursuivant son cycle éternel. Il n’y avait que peu de vent, seul le cri des Gelikans perçait.
D’un coup, quelque chose troubla le calme ambiant. Une forme sombre apparut de nulle part, et s’étala de toute sa longueur sur le sable mouillé, produisant un bruit repoussant, semblable à une ventouse.

An 642, Pâturages de Bonta.

Le groupe hétéroclite avançait à travers les pâturages. Il était constitué d’une Sram, d’un Crâ, d’un homme dont les traits étaient cachés par une capuche, ainsi que d’une étrange Sadida aux cheveux violets. Ils parurent arriver à destination, car ils s’assirent aux abords d’une plage. Ils semblaient tendus, comme s’ils attendaient quelque chose. La Sadida grelottait, et l’homme à la capuche semblait légèrement déprimé. Ils attendirent quelques minutes, et ce dernier annonça quelque chose. Le Crâ se leva, dépité. Alors que les autres s’apprêtaient à faire de même, le ciel sembla se déchirer. Une lumière blanche éclatante inonda le ciel nocturne. Les alentours commencèrent à geler légèrement. La troupe était bouche-bée, les yeux pointés vers le ciel. Une magnifique créature bleu-vif fit son apparition à la place de la lumière. Elle possédait une immense paire d’ailes, mais ne semblait pas en avoir besoin pour flotter dans le ciel. La créature prit la parole, puis regarda à tour de rôle chaque personne de la petite assemblée, avant de fixer la touffe de cheveux violets dépassant d’un rocher. L’apparition divine ordonna quelque chose, et la Sadida sorti de sa cachette. Un gigantesque bâton apparut alors, et sa pointe toucha le front de la jeune disciple de la nature. Puis la créature se volatilisa. Les aventuriers ne s’attardèrent pas, et disparurent rapidement.

Année inconnue, lieu inconnu.

Cyplane reprenait lentement ses esprits. Ses vêtements étaient mouillés, et elle était étalée sur une matière granuleuse et humide. Du sable… Ça ressemblait à du sable… Mais où était-elle donc ? Elle se redressa lentement, mais elle était épuisée… Décidément, que s’était-il passé ? Elle se laissa choir sur le sable, et rassembla ses souvenirs. La guerre se préparait, elle était chargée de délivrer un message au bataillon caché dans les plaines de Cania, afin d’attaquer l’ennemi de côté. Ensuite… Ensuite elle avait déjoué une embuscade, et alors qu’elle commençait à se détendre, elle était tombée dans une deuxième embuscade… Le chaos le plus total régnait dans la tête de Cyplane. Elle avait réussi à s’enfuir en utilisant son emprise sur le temps… Mais que faisait-elle ici, alors ? Alors qu’elle était plongée dans une profonde réflexion, une explosion de lumière dans le ciel l’interrompit. Elle sursauta violemment. L’apparition se situait à quelques dizaines, peut-être centaines de mètres -difficile à dire, la nuit trompe les sens- et était gigantesque. La lumière se contracta, et forma une étrange créature, d’une couleur bleu-vif. Soudain, Cyplane eu très froid, mais ce n’était pas la peur, non, le sable fin aussi se couvrait de givre. Elle décida de s’ensabler un peu plus pour ne pas trahir sa présence. L’apparition divine avait d’immenses ailes, mais ne semblait pas en avoir besoin pour se maintenir dans les airs. Une lumière blanche éclatante émanait d’elle. C’est ainsi que Cyplane remarqua que d’autres personnes assistaient à la scène : elles étaient devant la créature, et semblaient parler avec elle. D’un coup, un immense bâton jaillit, et vint toucher le front d’une jeune femme, une Sadida, sûrement, dont les cheveux étaient teintés d’un étrange violet. Puis la créature céleste disparut, d’un coup. Les témoins repartirent d’un pas empressé. Cyplane réessaya de se lever, en vain. Elle devrait passer la nuit ici… Elle ne savait même pas où elle était… Elle suivrait les traces des spectateurs. Elle rampa sur le sable, puis s’affala dans l’herbe fraiche des pâturages.
Elle fut réveillée par le soleil levant. La jeune femme s’épousseta, puis essaya de retrouver la traçe du groupe de la veille. Elle avait fait de la chasse étant plus jeune, aussi, elle retrouva rapidement les empreintes. Elles étaient assez profondes ; décidément, ils étaient pressés. La jeune femme suivit donc les traces, à travers les pâturages, qui lui semblaient étrangement familiers… Au détour du chemin, elle manqua d’avoir un infarctus. Devant elle se dressait, gigantesque, Bonta. Sauf qu’elle ne semblait pas du tout être prête pour un siège… La porte était même ouverte… Elle s’adossa à un arbre, et respira longuement pour calmer les battements de son cœur. Que s’était-il donc passé ? Il fallait qu’elle en apprenne plus. Cyplane se dirigea en courant vers la grande ville.

An 642, Bonta.

Cyplane frottait la table avec conviction. Depuis qu’elle était arrivée ici, il y a deux semaines, le seul logement qu’elle avait trouvé était dans cette taverne, la taverne du Ferayeur. Elle passait ses journées à laver et ranger les verres, à servir les clients, et nettoyer les tables. Mais au moins, elle dormait au sec. Elle avait réussi à recueillir des informations, et quelles informations ! Elle était en fait en 642 ; son cœur s’était arrêté de battre un instant lorsqu’elle avait entendu cela. Elle avait dû être victime d’une faille temporelle, comme il ne s’en produit que tous les siècles… Le tavernier l’avait regardée d’un air suspicieux lorsqu’elle lui avait demandé la date. Puis elle avait fini par le convaincre de l’embaucher comme serveuse pour une durée indéterminée. Dès qu’elle le pouvait –c’est à dire très rarement…- elle sortait, et essayait de retrouver les gens qu’elle avait aperçus lorsque la créature était apparue ; mais elle n’avait pour l’instant vu que la Sadida aux cheveux violets, sans avoir pu l’intercepter, et aucune autre occasion ne s’était représentée. Il faut dire qu’avec des horaires pareilles, pas facile d’aller se balader dans la rue… Elle consulta sa montre à gousset. Vingt-trois heures cinquante-neuf, et les clients commençaient seulement à sortir… Lorsqu’ils furent tous partis, et qu’elle eut lavé toutes les tables, elle alla dans sa petite chambre miteuse, et s’effondra sur son lit. Elle s’endormit aussitôt.
Aujourd’hui, c’est Lundi, jour de repos, qu’elle avait réussi à obtenir en échange d’une absence de salaire. Elle allait pouvoir mettre ce temps libre à profit pour essayer de retrouver un des membres du groupe. Elle se leva de bonne, heure, et sortit aussitôt. Le temps était clair, et il ne faisait pas froid. Elle chercha toute la matinée, sans succès. Ce ne fut qu’en début d’après-midi qu’elle vit l’homme mystérieux à la capuche sortir d’un grand bâtiment de pierre, dont les escaliers étaient encadrés de grandes colonnes. Cyplane ne perdit pas une seconde, et s’élança à sa suite, tout en l’interpelant, mais l’homme ne semblait pas l’entendre. Enfin, elle arriva à sa hauteur, et l’attrapa par l’épaule.

« Monsieur !

L’homme se retourna.

- Oui ? demanda-t-il d’une voix rocailleuse.

Cyplane reprit son souffle, et enchaîna.

- Bonjour, j’ai besoin que vous m’aidiez. Quand l’immense créature bleue est apparue, je vous ai vu, avec la Sadida aux cheveux violets, le Crâ, et la Sram. C’était quoi cette chose ?

Le regard de l’homme s’alarma aussitôt, ses yeux s’agrandirent. Il jeta un regard aux alentours, puis attrapa Cyplane par le bras, et l’entraîna à sa suite.

- Venez, souffla-t-il. Il faut que nous en discutions en privé.

Arrivés devant une grande maison, il prit des clefs de sa poche, et ouvrit précipitamment la porte, puis quand ils furent entrés, la referma rapidement à clef.

- Asseyez-vous, déclara-t-il, en montrant une chaise. Veuillez me pardonner ces manières, mais il ne faut surtout pas que quiconque entende ça. Alors, dites-moi qu’avez-vous vu ? Et en avez-vous déjà parlé à quelqu’un ?

- Non, je n’ai rien dit à personne. Bon, déjà, il faut savoir que je viens de l’an 26.

L’homme la regarda d’un air suspicieux.

- Je peux vous le prouver, j’ai toujours le parchemin que j’étais chargée de transmettre.

À ces mots, elle sortit le parchemin, humide, encore marqué du sceau de cire.

- Alors comment êtes-vous arrivé ici ?

- J’ai ralenti le temps pour m’enfuir, et l’horloge devait être dérèglée. J’ai été absorbée par le temps et l’espace, et j’ai atterri sur la plage au Nord de Bonta, quelques minutes avant l’arrivée de la créature. J’étais assez loin, et enfoncée dans le sable, c’est ainsi qu’elle ne m’a pas repérée.

L’homme était abasourdi. Comment une telle chose était possible ?

- Il faut que je convoque les autres membres du groupe pour décider de ce que l’on va faire de vous. Suite à l’apparition d’Ilyzaelle, car c’est son nom, nous avons décidé de crée une Guilde, Les Ailes d’Ilyzaelle. Si l’on suit notre logique, vous devriez y entrer, car vous l’avez vue, mais je dois décider avec les autres membres. »

Il appela un messager, et rédigea rapidement une lettre en trois exemplaires, puis les lui tendit, non sans avoir auparavant apposé un sceau spécial.

« Faîtes-vite. »

Le messager parti en courant.

« Au fait, ajouta-t-il, je ne me suis pas présenté, je me nomme Jerhyn Gholein, et je suis le représentant de l’Ordre du Cœur Vaillant au Grand Conseil.
- Moi, c’est Cyplane, membre de l’Ordre de l’Œil Attentif »

Ils attendirent quelques minutes, puis les membres arrivèrent un-par-un. Ils regardèrent Jerhyn et Cyplane d’un œil interrogateur.

« Il faut que je vous parle en privé, annonça-t-il. Cyplane, allez dans la pièce d’à côté, s’il vous plait. »

La jeune femme s’exécuta, et les membres des Ailes d’Ilyzaelle commencèrent leur discussion.

17 Javian 642, Bonta.

Après avopir été longuement intérrogée par Sadi-Angelique, Cyplane finit par rejoindre la Guilde.

18 Javian 642, Bonta.

Après qu'un espion ai fait avorter une attaque sur Brakmar, Cyplane est chargée de trouver un moyen de contourner les gardes. Elle trouve un passage caché menant à la ville.


Ceci sera édité au fur-et-à mesure.


Dernière édition par Cyplane le Jeu 28 Juin 2012 - 16:20, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: [Dossier Cyplane]   Sam 4 Fév 2012 - 19:30

Cyplane, tu as accompli la quête qui t'a été donné avec succès !

Maintenant que la quête est officiellement validée, ton passage de grade n'est plus qu'une question de temps.
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MessageSujet: Re: [Dossier Cyplane]   Dim 5 Fév 2012 - 5:33

Cyplane est promue Sainte Apprentie.


Félicitation, tu as enfin deux ailes pour voler avec nous. Roule des yeux
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MessageSujet: Re: [Dossier Cyplane]   Jeu 1 Mar 2012 - 18:05

Cyplane vient de passer la quête initiatique réservée à son grade avec succès.

Score : 3/5

Bien joué.
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MessageSujet: Re: [Dossier Cyplane]   Jeu 1 Mar 2012 - 18:08

Cyplane est promue Haut Réole.


Bravo pour ton investissement chez nous !
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MessageSujet: Re: [Dossier Cyplane]   Ven 20 Juil 2012 - 20:50

Pour les immenses services qu'elle a rendu, tant à la guilde qu'au clan :

Cyplane est promue Créature céleste


À titre exceptionnel. Félicitation.
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